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Articles 1999-2004 |
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AKRICH M., CALLON M., 2004, «L'intrusion des prisons privées dans le monde carcéral français, le programme 13000», in Philippe Artières et Pierre Lascoumes (eds), Gouverner, enfermer. La prison modèle indépassable. Paris: Presses de la Fondation des Sciences Politiques, p. 295-319.
L’univers carcéral constitue un monde fermé qui ne s’ouvre que très rarement aux acteurs de la société civile. De ce point de vue, le programme 13000, qui a confié à des entreprises le soin de concevoir et de gérer de nouveaux établissements pénitentiaires, constitue une intéressante exception. Des acteurs influents de la société civile sont entrés dans les prisons. Pendant plusieurs mois, à la fin des années 1980, des ingénieurs habituellement plongés dans des programmes de travaux publics ont été confrontés à un monde qu’ils ignoraient totalement. Ils l’ont exploré, analysé sous toutes ses coutures, avec pour objectif explicite de proposer sinon un nouveau modèle, du moins de nouvelles solutions. Pour éclairer, ne serait-ce que partiellement, la nature des rapports entre prisons et sociétés et pour rendre compte de certains aspects de l’état de la critique sociale et des projets qu’elle est susceptible de nourrir, le sociologue ne peut rêver de circonstances plus favorables : la rencontre entre le monde des entreprises et le monde pénitentiaire a en effet suscité un travail de réflexion et d’analyse inhabituel ; les demandes adressées aux entreprises ont conduit ces dernières à élaborer des projets qui tiennent compte à la fois des exigences imposées, des réalités qu’ils ont observées et de leurs propres conceptions de l’univers carcéral. C’est à la description et à l’analyse du contenu de ces projets que ce chapitre est consacré. Nous essayons de montrer que la mise en chantier de prisons privées a été l’occasion d’un travail politique qui a rendu plus explicites et plus contraignantes, y compris dans la gestion quotidienne, les missions assignées à la détention et a conduit les entreprises à imaginer un modèle alternatif dont certains éléments ont été mis en place. Ce modèle présente une figure du détenu qui n’est pas sans rapport avec celle que le marché propose à ses agents. Que ce modèle ait eu une forte dimension utopique et imaginaire, n’est pas douteux. Que sa mise en œuvre ait donné lieu à de nombreux compromis et que les anciennes pratiques aient bien vite repris le dessus, voilà qui n’est guère contestable. Un bilan devrait être fait (El Ouarzazi, 2003). Dans ce texte, nous laissons de côté ces interrogations pour nous focaliser sur le contenu du modèle lui-même. Il met en valeur le caractère central d’une conception nouvelle de l’individu et de sa place dans la société. Du même coup il tisse des solidarités et des similitudes inattendues entre des institutions que tout semblait séparer et montre comment l’anthropologie sur laquelle se fondent les marchés économiques pénètre d’autres sphères.
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CALLON M., RABEHARISOA V., 2004, «Gino's lesson on humanity:genetics, mutual entanglements and the sociologist's role», Economy and Society, 33 (1), 1-27.
The identification of the genes responsible for certain serious diseases and the development of tests for identifying carriers of those genes help to put the individuals concerned in the forefront of ethical decisions. These decisions are unavoidable, especially when available knowledge and techniques have already been broadly disseminated. This article presents the case of a limb-girdle muscular dystrophy patient in Reunion Island who refuses to comprehend the lessons of genetics and to become part of the medical and associative networks that implement and diffuse that knowledge. His refusal is interpreted as the rejection of a form of agency and subjectivity, in which the individual is considered as an autonomous subject forced to choose between a number of pre-established options and responsible for the consequences of his choices. Using definitions of humanity and morality presented by François Jullien in his commentary on Mencius, the authors propose to consider that, by refusing, the patient is opting for a different form of morality and humanity. The article also shows how the interview situation constructs a situation that reduces the patient to silence.
Keywords: bioethics; genetics; biosociality; attachment; association of patients; sociological methodology; actor-network theory |
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CALLON M., 2004, «The role of hybrid communities and socio-technical arrangements in the participatory design», Journal of the Center for Information Studies, 5 (3), p.3-10.
This paper highlights the importance of "hybrid collectives" in the design process. In the first part, the active role of technologies and broadly speaking of non humans, in the construction and the functioning of those collectives, is emphasized: they allow heterogeneous actors to coordinate their projects; they contribute to the emergence and the transformation of social identities; they help to frame the spatial and temporal settings in which these collectives exist and act; they are directly engaged in action and cognition. For all these reasons non humans are to be considered as strategic players in the dynamics and the organization of these collectives, and in particular of design communities. Symmetrically the very existence of hybrid collectives induces a new vision of human agency, that must be considered as diversified and variable: needs, demands, expectations, feelings, capacities of action and cognition depend on the socio-technical configurations of their environment, i.e. of the collectives they are part from. Finally some general lessons for participatory design and information ecology are drawn from the recognition of the centrality of hybrid collectives in our advanced societies.
Keywords : actor-network theory, human agency, socio-technical devices, distributed cognition and action, hybrid collectives, epistemic community, information ecology |
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RABEHARISOA V., CALLON M., 2004, «Patients and scientists French muscular dystrophy research», in JASANOFF S. (ed.), States of knowledge, London, Routledge, 142-160.
Lay people are becoming more and more involved in scientific and technical debates and activities they are concerned with. Their intervention poses questions on the way scientific and technical issues are raised and decided upon, and on the nature of knowledge that is mobilized through this process. These debates relate to the shaping of a new regime of relations between science and society, that the notion of co-production aims at capturing. (...) In this chapter, we present a model of co-production that stands as an original example of two perspectives (actors who participate in scientific and technical debates and activities ; groups that try to bring into the public sphere problems that were formely either unknown or ignored). This model has been developped by the French Muscular Distrophy Association (AFM). |
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CALLON M., MUNIESA F., 2003, «Les marchés économiques comme dispositifs collectifs de calcul», Réseaux, 21 (122), p.189-233.
Comment aborder empiriquement le caractère calculateur des marchés sans pour autant le dissoudre ? Dans cet article, les auteurs proposent un cadre théorique qui permette d’analyser des marchés sans négliger ses propriétés calculatrices concrètes. Dans une première section, ils construisent une définition large de « calcul », basée sur les enseignements de la sociologie des sciences et des techniques. Dans les sections suivantes, ils confrontent cette définition à trois éléments constitutifs des marchés : biens économiques, agents économiques et échanges économiques. Ils examinent d’abord la question de la calculabilité des biens : pour être calculés, les biens doivent être calculables. Dans la section suivante, ils introduisent la notion d’agence calculatrice distribuée pour comprendre comment les biens économiques sont effectivement calculés. Finalement, ils considèrent les règles et dispositifs matériels qui organisent la rencontre entre (et l’agrégation de) demandes et offres singulières, c’est-à-dire les organisations spécifiques qui rendent possible un échange calculé. Ces trois éléments définissent les marchés concrets comme dispositifs collectifs organisés qui calculent des compromis sur les valeurs des biens. Pour chacun de ces éléments, les auteurs observent diverses manifestations du calcul ainsi qu’ils l’ont défini, qu’ils illustrent avec des exemples empruntés principalement aux domaines des marchés financiers et de la grande distribution. |
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CALLON M., LICOPPE C., MUNIESA F., 2003, «Présentation du numéro consacré aux 'Technologies de marché'», Réseaux, (122), p.9-12.
L’intérêt pour la finance n’est pas nouveau en sociologie. Les marchés financiers fournissent une occasion de choix pour développer les vieilles ambitions de la sociologie économique (tantôt mettre en évidence de grandes logiques de domination, tantôt exemplifier des modes locaux de sociabilité marchande). Mais ils constituent aussi un terrain privilégié pour en cultiver de nouvelles : par exemple, conquérir le noyau « économique » des marchés sans pour autant renoncer à faire de la sociologie. Pour ce deuxième genre d’ambitions, la littérature disponible est moins abondante. Il s’agit en effet d’un projet difficile. Il demande de s’affranchir d’une hiérarchie des disciplines (le social pour la sociologie et l’économique pour la science économique) qui cantonne souvent l’approche sociologique aux marges de « ce qui compte » en économie. Il exige également d’entrer dans la technicité des objets économiques, technicité dont les marchés financiers offrent sans doute les cas les plus extrêmes |
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CALLON M., 2003, «Science et société : les trois traductions», Les Cahiers du MURS, (42), p.57-69.
La recherche scientifique s’est d’abord déroulée dans des lieux qui étaient semi-publics puis elle s’est progressivement enfermée, pour des raisons qu’on va essayer d’élucider dans des endroits éloignés du monde. C’est ce que nous dit le dernier des Cassini, dans une langue admirable. Coulomb, au même moment, exprimait les mêmes préoccupations : pour faire une bonne science, il faut se couper du monde. C’est ce travail de confinement de la science, et cette évolution vers toujours plus de confinement, qui me semble constituer une des caractéristiques essentielles de la science moderne. Elle se claquemure dans des laboratoires, au milieu de ses équipements et de ses instruments, à distance du monde et en se maintenant éloignée le plus possible d’avec le public. (…) Le but de mon exposé est de montrer comment en quoi consiste cette situation de confinement de manière à imaginer des solutions qui permettent d’en atténuer les effets négatifs mais sans perdre les acquis qui sont liés au fait que les laboratoires ont su prendre leurs distances par rapport au monde. La meilleure notion, pour décrire cette situation étrange qui fait que la science est efficace parce qu’elle a su s’isoler, c’est la notion de traduction. |
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CALLON M., LASCOUMES P., BARTHE Y., 2003, «Débat-controverse: La démocratie technique casse-t-elle des briques?», Cosmopolitiques, (3), p.108-130.
L’ouvrage de Callon, Lascoumes et Barthe (Agir dans un monde incertain) a représenté de ce point de vue un jalon important pour relier cet acquis empirique des expériences à des principes de mise en controverse des questions scientifiques et techniques. Il nous a semblé nécessaire de revenir vers les auteurs avec des questions que nous espérions dérangeantes, face à ce qui pouvait passer pour une focalisation abusive sur les questions de procédures émergentes, méconnaissant les principes hérités, qui structurent les débats eux-mêmes, ou les tâches de gestion ordinaire, ou encore la mauvaise volonté de certains acteurs qui pousseront toujours à la guerre. Leur argument admet leurs limites dans la prise en compte du rôle des médias, constituant, dans nos démocraties de masse, des outils, des espaces, des médiations indispensables mais créant ainsi d’autres contraintes de représentation. Pour le reste, les auteurs précisent leur approche, en la distinguant de celles de Habermas, de Jean-Pierre Dupuy notamment. Leur souci de créer les procédures, pour permettre les recompositions des questions et des participants eux-mêmes, distingue bien la démocratie dialogique de la démocratie participative. Mais les auteurs se préoccupent ici plus précisément de relier ces procédures à la démocratie délégative «classique» dont ils ne nient pas l’importance. Cette orientation dialogique peut ensuite être utilement confrontée avec le travail «d’invention démocratique» fait sur plusieurs fronts et par plusieurs acteurs. |
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CALLON M., 2003, «Laboratoires, réseaux et collectifs de recherche», in MUSTAR P., PENAN H. (ed.), Encyclopédie de l'innovation, Paris, Economica, p.693-722. |
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CALLON M., RABEHARISOA V., 2003, «Research 'in the wild' and the shaping of new social identities», Technology & Society, (25), p.193-204.
This article examines new forms of techno-science-society interactions, in which non-scientists work with scientists to produce and disseminate knowledge. The term “research in the wild” is coined to name a special version of this new phenomenon. The primary illustration for this new form of research is connected with the Association Française contra les Myopathies (AFM), the history of which is particularly suitable for exploring certain mechanisms at work in the co-production of scientific knowledge and social identities. The article first compares laboratory research with research in the wild, emphasizing patient interest in maintaining control over cooperation. It then notes the intimate interrelations between the construction of patient identities and the collective form of research in which they participate. Finally, it examines the role of genetics, both as it is integrated into the construction of the collective, and also into the production of mechanisms of exclusion—the reverse side of the constitution of a collective identity. |
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AKRICH M., CALLON M., LATOUR B., 2002, «The Key to Success in Innovation», International Journal of Innovation Management, 6 (2), p.187-206.
We all know of innovations which either made their creators a fortune or which led to their downfall. It is easy to retrospectively explain success as a stroke of genius or failure as a blatant mistake. Easy in retrospect…but what about innovation in the making? How does the innovator navigate the pitfalls which threaten him? |
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BARTHE Y., CALLON M., LASCOUMES P., 2002, « Réponse à Franck Aggeri (à propos du livre Agir dans un monde incertain) », Annales des mines - Gérer et comprendre, n°68, p. 61-65.
Dans sa note de lecture, Frank Aggeri soulève une série de questions qui, à elles seules, constituent un passionnant programme de recherche pour les années qui viennent. Certaines des critiques ou des interrogations qu’il formule n’appellent pas de réponses de notre part, car elles marquent les limites de notre essai : elles nous invitent plutôt à poursuivre le travail en nous indiquant quelques-unes des pistes à explorer. D’autres, en revanche, nous fournissent l’occasion de clarifier certaines incompréhensions et de préciser certains arguments. Quoi qu’il en soit, nous ne pouvons que le remercier et, avec lui, Gérer et Comprendre, de nous permettre de poursuivre, en l’élargissant, le travail que nous avons entamé avec la publication de ce livre. |
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CALLON M., 2002, «Is Science a Public Good ?», in STEPHAN P., AUDRETSCH DB. (ed.), The Economics of Science and Innovation, London, Edward Elgar.
Should governments accept the principle of devoting a proportion of their resources to funding basic research? From the standpoint of economics, science should be considered as a public good and for that reason it should be protected from market forces. This article tries to show that this result can only be maintained at the price of abandoning arguments traditionally deployed by economists themselves. It entails a complete reversal of our habitual ways of thinking about public goods. In order to bring this reversal about, this article draws on the central results obtained by the anthropology and sociology of science and technology over the past several years. Science is a public good, not because of its intrinsic properties but because it is a source of diversity and flexibility. |
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CALLON M., 2002, «From Science as an Economic Activity to Socioeconomics of Scientific research. The Dynamics of Emergent and Consolidated Techno-economic Networks», in MIROWSKI P., SENT E. (ed.), Science bought and sold. Essays on the Economics of Science, Chicago, London, The University of Chicago Press, p.277-317. |
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CALLON M., 2002, «Les controverses socio-techniques», La Revue de la confédération française démocratique du travail, janvier "La société face à la recherche sur le vivant II", p.15-23.
Dans leur ouvrage (Agir dans un monde incertain. Essai sur la démocratie technique, Le Seuil, 2001), M. Callon, P.Lascoumes et Y. Barthe étudient la constitution d’espaces où profanes, scientifiques, politiques et associations peuvent débattre et produire ensemble des connaissances et des techniques nouvelles pour une société qui participe à son devenir. |
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CALLON M., BARRY A., SLATER D., 2002, «Technology, politics and the market: an interview with Michel Callon. Interview conducted by Andrew Barry and Don Slater», Economy and Society, 31 (2), p.285-306.
Callon discusses the relation of his work on markets with his previous work on the anthropology of science & technology. He makes the point that markets are constructed collective identities, & that the intermeshing of "techno-sciences" with economic markets creates a proliferation of new identities which, in turn, require new procedures & political institutions. He explains his shift from an "actor-network" theory of social & economic processes to a concept of "entanglement" to explain more precisely the complicated relationships of the marketplace, science, & technology. He proposes that mainstream economists are not prepared to provide the tools for analyzing the issues involved in modern markets, & that these issues should be the focus of social scientists. |
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CALLON M., 2002, «'Nouvelle économie, nouveau mythe'. Compte-rendu de l'ouvrage de Jean Gadrey», Sociologie du Travail, (44), p.591-593.
La nouvelle économie est une invention des médias que très peu d'économistes ont osé reprendre à leur compte. Revenant sur les textes fondateurs parus dans la presse spécialisée, Jean Gadrey fournit un portrait robot de cette nouvelle économie : elle se caractérise par une forte croissance sans inflation ; sa dynamique repose sur le développement et la diffusion des NTIC (nouvelles technologies de l'information et de la communication) qui, en stimulant l'essor des activités de service, deviennent la source de nombreux emplois ; enfin, elle scelle la victoire définitive de l'économie de marché. |
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CALLON M., MÉADEL C., RABEHARISOA V., 2002, «The Economy of Qualities», Economy and Society, 31 (2), p.194-217.
The aim of this paper is to highlight the main characteristics of what the authors call 'the economy of qualities'. The authors show that qualifying products and positioning goods are major concerns for agents evolving within the 'economy of qualities'. Competition in such an economy is structured through two basic mechanisms. The first is what the authors propose to call the process of singularization of products. The second is the mechanism whereby consumers are attached to, and detached from, goods that are proposed to them. At the heart of these logics, one can find multiple socio-technical devices that are designed by economic agents, which ensure the distribution of cognitive competencies, and which constantly and finely tune supply and demand. Relying upon Jean Gadrey's work, the authors claim that the economy of qualities is nowhere more effective than in services providing activities, and especially in those sectors that invest heavily in New Information and Communication Technologies (ICTs). Finally, the authors suggest that, in the economy of qualities, the functioning and the organization of markets are issues that are shared by scholars and actors. In these highly reflexive markets, a collaboration between them is needed.
Mots clés : goods - products - market - ICTs - consumers |
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BARTHE Y., CALLON M., LASCOUMES P., 2002, « Qu’en pensent les citoyens ? », Sciences Humaines, n°124 (n° spécial sur le risque), p. 44-47.
Les incertitudes qui pèsent sur le nucléaire, les plantes transgéniques, les manipulations du vivant... ont, au cours de ces dernières années, suscité en France comme ailleurs des débats publics entre experts, élus et citoyens ordinaires. La réussite de tels débats dépend cependant de conditions précises. |
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CALLON M., 2002, «Pour en finir avec les incertitudes ?», Sociologie du Travail, (44), p.261-267.
Dans cet article l'auteur fait part de ses réflexions concernant le concept de qualité, lié à celui d'incertitude. L'auteur s'attache ici à démontrer les liens existants entre qualité et processus de qualification, l'individualisation des produits qui permettent la fixation d'un prix et de calculer ainsi la qualité. |
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RABEHARISOA V., CALLON M., 2002, «The involvements of patients' associations in research», International Social Science Journal, (171), p.57-65.
Patients' associations increasingly support research into the diseases affecting them. What exactly is their role? Are all such associations involved in the same way, or are there various forms of involvement? And if there are, how can they be reviewed? The answers to these questions vary with the countries, their institutional settings, & their history. They also depend on the nature & features of the diseases. Beyond these varied configurations, however, typical forms of involvement may be discerned. This article seeks to supply basic information & put forward some thoughts on the subject. As there are so few studies available, it deals in the main with the situation in France, from which more general conclusions are tentatively drawn. It shows the growing involvement of patients' associations in research. It singles out two types of association, on the basis of the role they assign to patients: auxiliary associations & partner associations. Emphasis is laid on the originality of the partner associations, which tend to bridge the customary rift between specialists & the rest of us. 1 Table, 20 References. Adapted from the source document. |
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RABEHARISOA V., CALLON M., 2002, "L'Engagement des associations de malades dans la recherche", Revue internationale des Sciences sociales, (171), p.57-65.
Les associations de malades jouent un rôle grandissant dans le soutien à la recherche sur les maladies qui les concernent. En quoi consiste ce rôle ? Toutes les associations sont-elles impliquées de la même manière, ou bien existe-t-il une pluralité de formes d’engagement ? Et si oui, comment en rendre compte ? La réponse à ces questions dépend des pays, de leurs cadres institutionnels et de leur histoire. Elle dépend également de la nature et des caractéristiques des maladies. Mais au-delà de la diversité des configurations, il est possible de découvrir des formes d’engagement typiques. Cet article s’efforce de fournir de premiers éléments d’information et de réflexion. Étant donné le peu de travaux disponibles, il se concentre essentiellement sur le cas français pour essayer d’en dégager des leçons plus générales. Il montre l’implication croissante des associations dans la recherche. Il propose de distinguer deux types d’association selon le rôle qu’elle assigne aux malades, les associations-auxiliaires et les associations-partenaires. Il souligne l’originalité des associations-partenaires qui tendent à combler le traditionnel grand partage entre spécialistes et profanes. |
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CALLON M., 2001, «Les méthodes d'analyse des grands nombres», in POUCHET A. (ed.), Sociologie du travail: quarante ans après, Paris, Elsevier, p.335-354. Lire un compte rendu de l'ouvrage. |
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CALLON M., 2001, «Actor Network Theory.», in SMELSER N., BALTES P. (ed.), International Encyclopedia of the Social and Behavioral Sciences., Oxford, UK,, Pergamon, p.62-66. |
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CALLON M., RABEHARISOA V., 2001, «Génétique et lien social», La génétique humaine et vous, Paris, AFM-INSERM-Nathan, p.92-94. |
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CALLON M., RABEHARISOA V., 2001, «L'invention de nouvelles formes d'association: l'exemple de l'Association française contre les myopathies», Réadaptation, 483 (septembre-octobre), p.25-27. |
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CALLON M., LASCOUMES P., BARTHE Y., 2001, Agir dans un monde incertain. Essai sur la démocratie technique, Paris, Le Seuil, 358 p.
Et s'il fallait enfin tirer les conséquences des crises à répétition que nos sociétés traversent lorsqu'elles sont confrontées aux débordements inattendus des sciences et des techniques ? S'il fallait en finir une bonne fois pour toutes avec la vision héroïque des décisions tranchantes et tranchées que le souverain prend en situation d'incertitude et en toute méconnaissance de cause ? Si Alexandre rengainait son épée, le monde s'effondrerait-il ? Non, mais la démocratie, elle, en ressortirait fortifiée. Tel est le propos des auteurs de ce livre. Ces derniers refusent les traditionnelles oppositions entre spécialistes et profanes, professionnels de la politique et citoyens ordinaires. Ils concentrent plutôt leur attention sur les nouvelles relations entre savoir et pouvoir qui émergent des controverses socio-techniques et sur les procédures inventées pour les traiter. L'enjeu est de taille : faire apparaître les conditions dans lesquelles les sociétés démocratiques vont se rendre capables d'affronter les défis des sciences et des techniques, redéfinir un espace public réunissant non pas des individus désincarnés mais des femmes et des hommes pris dans des histoires singulières. Après l'âge de la démocratie délégative, celui de la démocratie dialogique ?
Lire un compte rendu de l'ouvrage. |
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CALLON M., 2000, «Analyse des relations stratégiques entre laboratoires universitaires et entreprises», Réseaux, 99, p.172-217.
Cet article comprend trois parties. Dans la première, le problème central du statut économique de la connaissance scientifique est examiné. Les travaux récents d'auteurs comme Dasgupta, David, Foray et Romer, y sont résumés pour introduire les principaux concepts et hypothèses. La deuxième partie traite des avantages et des inconvénients de ces analyses. On y souligne en particulier que le statut économique de la connaissance (rivalité, possibilité d'exclusivité, généralité, divulgation, etc.) n'est que la conséquence du type de réseau - émergent ou consolidé - dans lequel elle se situe. Il n'est en aucun cas possible de parler de propriétés économiques inhérentes à la science (même au niveau de la science fondamentale). Les exemples décrits par la nouvelle économie de la science correspondent à une configuration de réseau particulière, celle des réseaux consolidés. Dans la troisième partie, ces conclusions sont appliquées pour élaborer un modèle simplifié destiné à décrire la dynamique de la compétition économique en endogénisant complètement les relations qu'entretiennent les firmes avec les laboratoires d'universités. Le rôle économique de la recherche universitaire est enfin réexaminé à la lumière de ce modèle. |
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CALLON M., 2000, «Is homo economicus an anthropological monster», Economic Sociology Newsletter, november, p.Editorial. |
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CALLON M., LICOPPE C., 2000, «La confiance et ses régimes : quelques leçons tirées de l'histoire des sciences», in LAUFER R., ORILLARD M. (ed.), La confiance en question, Paris, L'Harmattan, p.133-154. |
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RABEHARISOA V., CALLON M., 2000, «De la médiation, ou les enjeux d'un nouveau métier dans le secteur de la prise en charge des personnes handicapées», Contraste Enfance et Handicap, 13 (2e semestre), p.217-236. |
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RABEHARISOA V., CALLON M., DEMONTY B., 2000, «Les associations de malades et la recherche. II. Les formes d'engagement des associations de malades dans la recherche en France», Médecine/Sciences, 16, p.1225-1231.
Les associations de malades jouent un role grandissant dans le soutien a la recherche sur les maladies qui les concernent. En quoi consiste ce role? Toutes les associations sont-elles impliquees de la meme maniere, ou bien existe-t-il une pluralite de formes d' engagement? Et si oui, comment en rendre compte? La reponse a ces questions depend des pays, de leurs cadres institutionnels et de leur histoire. Elle depend egalement de la nature et des caracteristiques des maladies. Mais au-dela de la diversite des configurations, n' est-il pas possible de decouvrir des formes d' engagement typiques, d' identifier des evolutions previsibles ? Cet article s' efforce de fournir de premiers elements d' information et de reflexion, essentiellement sur le cas francais. On peut distinguer deux types d' associations selon le role qu' elles assignent aux malades : les associations-auxiliaires et les associations-partenaires, qui tendent a combler le traditionnel fosse entre specialistes et profanes. |
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RABEHARISOA V., CALLON M., 2000, «Les associations de malades et la recherche. I. Des self-help groups aux associations de malades», Médecine/Sciences, 16, p.945-949.
Les associations de malades jouent un role de plus en plus important dans le soutien a la recherche. Au-dela du role classique de tiers-payant, certaines d' entre elles interviennent dans l' orientation des recherches et contribuent a la production de connaissances sur leurs maladies. Pour comprendre cette implication des associations de malades dans des activites habituellement reservees aux specialistes, il faut la replacer dans l' histoire plus large du mouvement self-help. Les associations de malades ont en effet herite d' une revendication essentielle des self-help groups, celle de l' importance de l' experience des usagers dans la comprehension de leur situation et dans la recherche de solutions aux problemes qu' ils rencontrent. Cet article vise a restituer les grandes lignes de ce mouvement et quelques-unes de ses ramifications qui expliquent a la fois sa perennite, la diversite de ses expressions et la permanence d' une des questions qu' il pose, celle de l' organisation des rapports entre les professionnels et les usagers, question qui est au coeur de l' action des associations de malades et qui eclaire le sens de leur engagement dans la recherche. |
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CALLON M., COHENDET P., (ed.), 1999, Réseau et coordination, Paris, Economica, 194 p.
La notion de réseau s'est imposée progressivement au cours des dernières années en sciences sociales, dans le domaine de l'innovation comme dans bien d'autres, comme un outil incontournable pour analyser le mécanisme complexe d'interactions entre acteurs hétérogènes (par exemple entre des laboratoires de recherche, des firmes et des consommateurs). On fait ainsi appel au concept de réseau aussi bien pour décrire la mise en place des formes de coordination appropriées entre acteurs, que pour rendre compte de la dynamique de ces relations. Mais, la notion de réseau se heurte à un écueil majeur lié à son succès : sa polysémie, aussi bien entre disciplines qu'à l'intérieur même de chaque discipline, rend souvent son utilisation confuse. L'objectif du présent ouvrage est ainsi d'affirmer l'importance de la notion de réseau en sciences sociales, avec le parti pris suivant : ne pas renoncer à la richesse polysémique du concept, mais tenter de rendre compatibles ou comparables les cadres d'analyse et les outils élaborés par les différentes disciplines, particulièrement la sociologie et l'économie, pour comprendre et analyser les modes de coordination et la dynamique d'interactions entre agents -hétérogènes. Cet ouvrage résulte d'un échange prolongé au cours des dernières années, sous forme de séminaires ou de discussion de papiers de recherche portant sur la signification et l'utilisation de la notion de réseau, entre des chercheurs issus de disciplines différentes en sciences sociales : - Michel Callon, professeur en sociologie de l'innovation à l'Ecole Nationale Supérieure des Mines de Paris (CSI), - Patrick Cohendet, professeur de sciences économiques.à l'Université Louis Pasteur de Strasbourg (BETA), - François Eymard-Duvernay, professeur à l'Université de Paris X-Nanterre, - Dominique Foray, Directeur de recherche CNRS, IMRI-ISIS, Paris-Dauphine, - Nicolas Curien, professeur au CNAM, Paris, titulaire de la chaire " économie et politique des télécommunications ", auxquels se sont joints pour collaborer à cet ouvrage, Jean-Michel Dalle (Maître de conférences, ENS Cachan) et Eric Schenk (chercheur au BETA. Université Louis Pasteur de Strasbourg). |
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CALLON M., 1999, «Des différentes formes de démocratie technique», Les Cahiers de la sécurité intérieure, 38, p.37-54.
Quel est le rôle des profanes dans l'élaboration et la dissémination des connaissances scientifiques ? L'auteur propose de distinguer trois modèles. Dans le modèle de l'instruction publique, la connaissance scientifique s'oppose aux croyances irrationnelles d'un public qui doit être éduqué. Dans celui du débat public, les profanes sont invités à donner leurs points de vue et à communiquer leurs expériences. Dans celui de la coproduction des savoirs, les profanes participent directement à l'élaboration des connaissances qui les concernent et dont dépendent bien souvent leur bien-être et leur identité. Chaque modèle possède son propre domaine de validité. L'article suggère que le troisième modèle se généralise, offrant ainsi une issue à la crise de confiance du public vis-à-vis des experts. |
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CALLON M., 1999, «Compte rendu de l'ouvrage de Muriel Le Roux : L'entreprise et la recherche. Un siècle de recherche industrielle à Péchiney», La revue pour l'histoire du CNRS, 1, p.90-92.
Disons-le tout de suite, l'ouvrage de Muriel Le Roux, issu d'une thèse réalisée sous la direction de François Callon, est exemplaire. Rédigé dans un style élégant, il aborde les questions techniques sans jamais perdre de sa clarté. L'auteur sait aller à l'essentiel, mariant avec une grande habileté la présentation des événements, des hommes, des contingences historiques et la prise en considération des évolutions à long terme. L'histoire s'écrit sous les yeux du lecteur qui est constamment replacé dans les incertitudes et les hésitations du moment, et ce malgré le refus presque constant de narration. L'ouvrage est à la fois impressionnant par son architecture d'ensemble : une thèse est défendue, et par l'agencement des détails qui prennent place dans cet édifice et lui donnent sa force. Nous avons attendu longtemps un ouvrage consacré à l'histoire de la recherche industrielle d'une entreprise française. Il existe désormais et il devrait servir de référence pour tous ceux qui s'embarqueront dans une aventure similaire. |
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CALLON M., RABEHARISOA V., 1999, «De la sociologie du travail appliquée à l'opération chirurgicale : ou comment faire disparaître la personne du patient ?», Sociologie du Travail, 41, p.143-162.
Ce texte nous offre une lecture à la fois critique et complémentaire d’un article de J. Peneff s’intitulant « le travail du chirurgien : les opérations à cœur ouvert » publié précédemment par la revue (n°3/97). Les auteurs remettent en question le fondement même du raisonnement de J. Peneff qui assimile par trop l’intervention chirurgicale au travail ouvrier et ignore de ce fait la personne humaine qui subit l’intervention. Pour étayer l’argumentation, les travaux de Hirschauer sont mis à profit. En effet, l’apport de ce dernier est d’insister largement sur la tension entre les forces qui visent à assurer la survie du patient et celles qui agissent sur le corps pour le réparer. Toutefois l’analyse d’Hirschauer s’avère également insuffisante dans la mesure où elle en prend guère en compte le travail préopératoire et postopératoire, alors que J. Peneff envisage, lui, l’ensemble du processus. Pour les auteurs, l’analyse en étendant le point de vue de Hirschauer doit porter sur la « reconfiguration » des corps et des personnes pendant l’opération chirurgicale ; mais ce travail de « reconfiguration » commence avant même l’opération et se poursuit après l’opération.
Abstract : This critical comment on J. Peneff's article, "Le Travail du chirurgien: les operations a coeur ouvert" (The Surgeon's Work: Open Heart Surgery [1997]), questions the very basis of Peneff's argumentation, which likens surgery to ordinary labor & thus overlooks the person who undergoes the operation. Hirschauer's (1991) work is mentioned for its insistence on the tension between the forces that ensure the patient's survival & those that repair the body. However, Hirschauer's analysis also has shortcomings in that it hardly takes a look at the work preceding & following operations, whereas Peneff does take into account the whole process. Although Callon & Rabeharisoa advocate analyzing the "reconfiguration" of bodies & persons during surgery itself, they do not think this suffices; the work of reconfiguration starts before an operation, when the patient is selected for surgery, & continues afterward, in the patient's life. A comparative reading of Peneff & Hirschauer can detect their complementarity. 19 References. Adapted from the source document. |
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CALLON M., RABEHARISOA V., 1999, «La leçon d'humanité de Gino», Réseaux, 95, p.197-233.
Gino fait partie de ces malades dont les myopathes disent en plaisantant qu'on achèterait leur santé. Il est difficile à un œil non averti de déceler les signes cliniques de la dystrophie des ceintures. Pourtant, Gino donne le spectacle de quelqu'un d'accablé qui considère que l'entretien est une corvée qu'il n'a pu éviter. Il est difficile de lui extraire autre chose que des mots isolés, à peine articulés, pas toujours audibles. La contrainte pèse sur lui : il est sommé de justifier son propre comportement c'est-à-dire d'expliquer son refus de la médecine, mais aussi sa faible implication dans le mouvement associatif, ainsi que ses réticences à parler avec ses enfants des conséquences de sa maladie. A quoi tient ce triple refus? Comment en rendre compte? Faut-il le considérer comme légèrement arriéré ou simplet, voire tout simplement amoral ? Faut-il lui chercher des circonstances atténuantes, aller fouiller dans son enfance ou dans les influences qu'il a reçues, de manière à découvrir une origine plausible à cette étrange attitude ? Faut-il invoquer le classique déni par le malade de sa propre maladie ? L’objectif de cet article est d'explorer une autre voie, de refuser la facilité de ces explications convenues. Utilisant la situation d'interview comme un dispositif expérimental qui simule la construction d'une arène publique, nous allons nous efforcer de tenir une position symétrique. Ce que Gino refuse c'est d'entrer dans un espace public qui, en lui proposant une forme d'assujettissement contre laquelle il résiste, remet en cause l'identité pour laquelle il se bat. |
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CALLON M., 1999, «The Role of lay People in the Production and Dissemination of Scientific Knowledge», Science, Technology and Society, 4 (1), p.81-94.
Addresses the alleged crisis in science rooted in the separation & consequent mistrust between technoscience specialists & lay persons. Three models of lay person participation are outlined: (1) The public education model is characterized by a complete separation between specialists & the public, along with a lack of public participation, & hinges on the necessity of science in educating the public to build trust. (2) The public debate model recognizes the deficiency of the scientific enterprise as a conglomeration of partial expertise. As such, procedures that establish public arenas for debate are established, providing science with external enrichment. (3) The coproduction of knowledge model relies on the participation of concerned groups in the actual production of scientific knowledge. It is contended that all three models need to be used jointly to comprehend the true nature of the relationship between scientific specialists & lay persons, & the three models together serve to refute the alleged crisis of trust in modern science. |
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CALLON M., 1999, «Ni intellectuel engagé, ni intellectuel dégagé: la double stratégie de l'attachement et du détachement», Sociologie du Travail, 99/1, p.1-13.
To be heard & employed, sociological studies must take several principles into account. First, the sociologist cannot simply relate a study; he must instead be an active performer in his work & give an accurate representation of his findings. Second, to successfully present himself, he must remember that instruments & actions speak louder than words. Third, he must convey to others the importance of his work & convince them to make use of it. Fourth, he must construct proposals & solutions that have their own independence. These proposals must be adaptable to different situations & evolve with time. Finally, the sociologist must think seriously about the attachment & detachment that each different project requires. |
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CALLON M., 1999, «La sociologie peut-elle enrichir l'analyse économique des externalités? Essai sur la notion de cadrage-débordement», in MAIRESSE DFEJ. (ed.), Innovations et performances. Approches interdisciplinaires, Paris, Éditions de l'école des Hautes Études en Sciences Sociales, p.399 à 431. |
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CALLON M., 1999, «Whose Imposture? Physicists at War with the Third Person», Social Studies of Science, 29 (2), p.261-286.
I offer my own account of a book without content (Alan Sokal, Jean Bricmont, Impostures intellectuelles, Paris, Odile Jacob, 1997), which generated a debate without content, by first rapidly showing that the major success of S&B is to have conflated the work of two very different sorts of authors - on the one hand, those who use or comment on the results and concepts of science for their own ends; and, on the other hand, those who seek to create instruments to study science as it is being made. This will lead me to focus, in a second part, on the few lines that S&B devote to science studies - or more precisely, to an article by Latour on Einstein. I will sho that S&B do not understand much of Latour's argument and consequently miss Einstein's masterstroke. Finally, in the third part, I will respond to comments they make on the controversy between Henri Bergson and Albert Einstein, to show that if they do not understand why Bergson does not want to understand Einstein, it is because they do not realize to what extent, and on which issues, their own discipline is in crisis.
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RABEHARISOA V., CALLON M., 1999, Le pouvoir des malades. L'Association française contre les myopathies et la Recherche, Paris, Presses de l'Ecole des mines.
Comment concilier la nécessaire autonomie des chercheurs avec les préoccupations et les attentes des usagers ou des citoyens ? Cette question n'est nulle part plus pertinente que dans le domaine de la santé, et nulle part plus pressante que dans le cas des maladies dites orphelines, en général d'origine génétique. Leur rareté explique le peu d'intérêt manifesté par les chercheurs, les médecins et les entreprises pharmaceutiques. Cette situation d'abandon a amené certains malades à se regrouper dans des associations qui visent à soutenir les patients dans leur vie quotidienne et à organiser les investissements en recherche.C'est le cas de l'AFM qui, grâce au Téléthon, a créé un vaste mouvement de solidarité et de soutien financier à la recherche. Ce livre, première étape d'une recherche qui vise à reconstituer l'histoire de cette association, raconte comment les malades ont su stimuler les recherches en génétique, pour les amener à un niveau international, sans jamais oublier la cause des malades. Chemin faisant l'association a inventé un modèle original dans lequel les profanes dialoguent avec les spécialistes, sans pour autant perdre de vue les objectifs assignés à la science. |
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